je vous transmets l'interview que j'ai eu avec une journaliste de Famille Chrétienne:

Swapez-vous ?

 

  • famillechretienne.fr
  • 04/02/2009
  • Par Stéphanie Combe
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Sur la blogosphère, un "swap" - "échange" en anglais -, consiste à s’échanger des cadeaux sur un thème donné. Jeune maman de 25 ans, Maylis du Roscoät a lancé le premier "Swap Spi" sur la toile. Interview.

 

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Comment vous est venue l’idée d’organiser le premier swap chrétien ?

J’ai découvert cette pratique en surfant sur Internet. Le principe consiste à s’échanger des cadeaux entre internautes. Il existe une multitude de thèmes (swaps bavoirs, liberty, collier, littérature jeunesse, champignons et sous-bois, etc. NdlR), mais je n’ai rien trouvé qui revête un caractère religieux. Après avoir testé l’idée auprès de quelques blogueuses catholiques, j’ai lancé ce "SwapSpi" lors de l’Avent 2007.

Quel est le principe ?

Les volontaires s’inscrivent sur le blog. J’ai limité leur nombre à 24, car la gestion est plus compliquée au-delà. Ils étaient âgés de 24 à 40 ans environ. Et il y avait un papa dans le lot. Chacun a rempli un questionnaire destiné à cerner ses goûts, pour que les cadeaux tombent juste. Voici le type de questions : avez-vous un coin prière ? Priez-vous en famille ? Quel est votre saint préféré ? Puis j’ai tiré au sort les participants et déterminé douze binômes. Le premier envoie son colis au second qui en a préparé un pour un troisième, etc.

A quoi s’engagent les participants ?

Les swapeurs devaient prévoir cinq petits cadeaux, dont un réalisé de leurs mains. Il y a eu un dizainier, des bijoux en forme de croix, des images ou prières encadrées, des motifs religieux brodés… Sur le blog, des photos présentent quelques colis : http://swapspi.canalblog.com/

Ils avaient un mois pour réaliser le colis et l’envoyer à son ou sa "swapé(e)". J’avais clôturé le swap le 1er décembre, afin qu’il n’empiète pas sur les préparatifs de Noël.

N’est-ce pas un peu futile ?

Pour ne pas s’en tenir à l’aspect matériel, nous devions aussi prier pour la personne attribuée et toute sa famille. Ainsi s’est formée une chaîne de prières entre participants, touchant mystérieusement à la communion des saints.

Ne vaut-il pas mieux privilégier son "plus proche prochain" ?

L’un n’empêche pas l’autre. Réaliser un swap ne rend pas sourd à son voisin ou négligent à l’égard de ses engagements dans la vie réelle. Et faire plaisir pour faire plaisir, à un inconnu de surcroît… c’est de la pure gratuité !

De plus, le cadeau reçu mène à accueillir une part de l’autre, à reconnaître son talent et apprécier le temps qu’il a passé pour nous, sans nous connaître. Ces objets matérialisent un lien virtuel et concrétisent la foi dans le Christ qui nous unit.

L'échange est basé sur la confiance. Y a-t-il eu des ratés ?

Certaines n’ont pu jouer le jeu à fond, faute de temps ou à cause d’une grossesse difficile - hospitalisation à la clé - pour une swapée. Deux paquets sont arrivés quelques mois après. Il y a eu un seul vrai "bug" : l’une des inscrites a fermé son blog et disparu de la nature sans avoir envoyé son colis. Cinq blogueuses se sont alors proposées pour envoyer chacune un cadeau à celle qui n’avait rien reçu. Ainsi, tout le monde est resté sur une bonne impression.

Cet échange ponctuel a-t-il donné des fruits durables ?

Ce swap a tissé des liens privilégiés entre participants, des amitiés même pour certains. Des blogueuses ont ensuite partagé leurs questions sur la prière familiale, d’autres proposé des outils pédagogiques pour le catéchisme ou des lieux de retraite pour couples.

A quand le prochain ?

L’idée est lancée ! Cette année, entre la reprise de mes études et la naissance du deuxième, j’ai refusé d’en lancer un, faute de temps. A l’amie qui me demandait de reprendre, je lui ai dit "Vas-y, lance-toi !" Si l’idée motive des lectrices (ou des lecteurs !) de Famille chrétienne, qu’ils n’hésitent pas à se joindre à l’organisation ! C’est beaucoup de boulot, mais cela vaut le coup. Et le calendrier liturgique ne manque pas de fêtes à marquer.

Stéphanie Combe